Proroger (verbe)


Signification de l'Académie française (éd. 1932-35)

Verbe 

Prolonger le temps qui avait été pris, qui avait été donné pour quelque chose. "On a prorogé le délai qu'on lui avait donné. Proroger le terme accordé pour l'exécution d'un traité. Proroger une dispense."
Il signifie, en termes de Législation politique, Suspendre les séances d'une assemblée et en remettre la continuation à un certain jour. "L'assemblée se prorogea jusqu'au mois de novembre".



Dictionnaire d'Emile Littré

Verbe 



 1   Prolonger le temps pris ou donne pour une chose. Proroger un terme.
BOUCHAUD: « Ceux qui avaient une fois obtenu le département d'une province restaient souvent dans cette province durant plusieurs années, non qu'on leur prorogeât ce département, mais parce qu'on ne leur envoyait point de successeur »

 2   Terme de législation politique. Prononcer la prorogation d'une assemblée.
PELLISSON: « Qu'il n'y avait plus de parlement, parce qu'il avait été prorogé plus d'un an contre les lois »
RAYNAL: « Un gouverneur y convoque [dans les colonies anglaises], y proroge, y termine les assemblées »
    Remettre à un autre jour. Proroger la séance.

 3   Se , v. réfl. Prononcer sa propre prorogation.
MONTESQ.: « S'il [le corps législatif] avait droit de se lui-même, il pourrait arriver qu'il ne se ait jamais »

HISTORIQUE
    XIVème siècle
     Girart de Ross. V. 2795: Li rois cel soir envoie, sanz proroguer termine, à la porte son frere tromper celle busine [faire sonner cette trompette]
    XVIème siècle
P. PITHOU: « Le pape ne peut le temps donné aux executeurs de testamens pour faire l'execution d'iceux »

ÉTYMOLOGIE
    Prov. et espagn. prorogar ; ital. prorogare ; du lat. prorogare, de pro, en avant, et rogare, proposer, demander (voy. ROGATIONS).


Signification éditée en 1835 par l'Académie Française

Verbe 


Prolonger le temps qui avait été pris, qui avait été donné pour quelque chose. "On a prorogé le délai qu'on lui avait donné. Proroger le terme accordé pour l'exécution d'un traité. Proroger une dispense. On a prorogé pour une année encore cette loi, qui n'était exécutoire que pour un an."
Il signifie, en termes de Législation politique, Suspendre les séances des chambres par un acte de l'autorité royale, et en remettre la continuation à un certain jour.



Ancienne définition de 1798 (Académie Française)



Prolonger le temps qui avoit été pris, qui avoit été donné pour quelque chose. "On a prorogé le délai qu'on lui avoit donné. Proroger le terme accordé pour l'exécution d'un traité. Proroger une dispense".
En parlant Des affaires d'Angleterre, on dit, "Proroger le Parlement," pour dire, En remettre la séance, la tenue à un certain jour.



Signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)

Verbe 


Prolonger le temps qui avoit été pris, qui avoit été donné pour quelque chose. "On a prorogé le délai qu'on lui avoit donné. Proroger le terme accordé pour l'exécution d'un traité. Proroger une dispense."
En parlant des affaires d'Angleterre, on dit, "Proroger le Parlement," pour dire, En remettre la séance, la tenue à un certain jour.



Définition du dictionnaire de Jean-François Féraud (édition de 1788)

Verbe 

Prolonger le tems qui avait été pris ou doné pour quelque chôse. "Acad." Doner un délai de payer, de faire une enquête, etc. "Trév."
- L'Abé "des Fontaines" a fort bien remarqué que "proroger" et "prolonger" ne sont pas synonymes: le 1er se dit d' un terme qui avait été fixé, et qu'on éloigne, et ne se doit pas dire de l'espace jusqu'à ce terme. Il condamne donc, " un délai", exemple doné par l'"Acad." et encôre plus sévèrement, un Auteur qui avait dit, " le jugement définitif". Dans "Trév." on trouve pour exemple, " le pouvoir" doné à des arbitres. Mais on a tort, dit "l'Abé Des Fontaines", de qualifier ce mot de terme de Palais, puisqu'il est d'un usage comun dans la société. = En Angleterre, " le Parlement", c'est "remettre la séance à" un aûtre jour. Ce verbe n'a cette signification que dans cette ocasion.



Signification éditée en 1694 (selon l'Académie Française)

Verbe 


Prolonger le temps qui avoit esté pris, qui avoit esté donné pour quelque chose. "On a prorogé le temps qu'on luy avoit donné. le temps accordé pour l'execution d'un traité. le jugement d'une affaire". En parlant des affaires d'Angleterre, on dit, "Proroger le Parlement," pour dire, En remettre la seance, la tenuë a une autre fois.




Emplacement dans le dictionnaire :

propulser
propulseur
propulsif
propulsion
propylée
propylées
prorata
prorogatif
prorogation

prosaïque
prosaïquement
prosaïser
proscription
proscrire
proscrit
prose
prosecteur
proselyte
prosélyte
prosélytique




Quelques citations relatives :

Citation n°1 de DESTUTT DE TRACY (Commentaire sur l'Esprit des Lois de Montesquieu)

...exécutive, il croit nécessaire qu'elle possède encore le droit d'apposer son veto sur les résolutions, même unanimes, des deux sections du corps législatif, et qu'elle puisse le convoquer, le proroger, et le dissoudre ; et il pense que la partie populaire de ce corps trouve suffisamment de quoi se défendre, dans la précaution de ne jamais voter les impôts que pour un an ; comme s'il ne fallait...


Citation n°2 de *Sans mention d'auteur (Code civil des Français)

...qu'il convienne, soit d'attendre le membre absent, soit de le remplacer ; en ce cas, comme en tout autre où l'intérêt du mineur semblera l'exiger, le juge de paix pourra ajourner l'assemblée ou la proroger. 415. Cette assemblée se tiendra de plein droit chez le juge de paix, à moins qu'il ne désigne lui-même un autre local. La présence des trois quarts au moins de ses membres convoqués, sera...


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